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 Lundi 25 mai 2020 – 9 h

Guide de prévention et de gestion de la COVID-19 dans un contexte de cohabitation

Le contenu du présent guide s’inspire des recommandations de l’Agence de la santé publique du Canada pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Ce document s’appuie sur les données scientifiques disponibles au moment de la rédaction, ainsi que sur les opinions d’experts en santé publique spécialisés dans :

  • les stratégies de lutte contre les maladies en milieu communautaire;
  • les maladies contagieuses;
  • les situations d’urgence;
  • les communications et l’éthique.

Certains éléments du contenu pourraient changer à la lumière de nouvelles informations.

Veuillez consulter le document de l’Agence de la santé publique du Canada sur le sujet 

Téléchargez une version PDF de cette information.

Définition de la cohabitation

On parle de cohabitation lorsque des personnes, avec ou sans lien de parenté, vivent dans un lieu d’habitation dont une partie ou la totalité des espaces est partagée.  Les maisons d’hébergement pour :

  • les personnes itinérante;
  • les jeunes;
  • les femmes;
  • les maisons de transition et les refuges;
  • les habitations collectives et
  • les auberges de jeunesse.

La durée d’un séjour temporaire dans un lieu de cohabitation va d’une nuitée à plusieurs mois. Certaines personnes ont leur domicile permanent dans un lieu en cohabitation.

Les lieux de cohabitation comportent généralement des salles de séjour, des aires de repas et des salles de bains communes. Les résidents dorment dans des chambres individuelles ou partagées.

Personnes en situation d’itinérance dans le contexte de la COVID-19

De nombreuses personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir reçoivent un ensemble de services essentiels auprès d’organisations communautaires, à but non lucratif ou bénévoles. 

Les recommandations suivantes s’adressent au secteur des services aux personnes en situation d’itinérance :

  • les centres d’hébergement d’urgence
  • les centres de jour
  • les fournisseurs de services de repas

Les personnes qui se trouvent en situation d’itinérance peuvent courir un risque accru de contracter la COVID-19 ou de développer des complications dues à la COVID-19, car elles peuvent avoir de la difficulté à se prévaloir des services habituels et des ressources générales. Ces circonstances peuvent restreindre leur capacité à suivre les conseils de santé publique, notamment :

  • la possibilité de pratiquer l’éloignement physique et
  • d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène des mains.

Les organisations et les agents de santé communautaire 

Les organisations, les agents de santé communautaire et les bénévoles jouent un rôle important dans la prévention de la propagation de la COVID-19 chez la population en situation d’itinérance.

Il est important que ces fournisseurs de services se préparent et prennent des précautions dans leur environnement ou sur leur lieu de travail, en se basant sur les conseils de santé publique, pour réduire les perturbations de leurs services.

Pour mieux comprendre les exigences essentielles de votre organisation pendant la pandémie de COVID-19, soyez à l’écoute :

  • de la population que vous servez,
  • de votre direction et
  • des gouvernements locaux.

À propos de la COVID-19

La COVID-19 est une maladie causée par un virus qui vient d’être identifié. Nous en apprenons davantage sur ce virus de jour en jour. Les données accumulées jusqu’à présent suggèrent que le virus de la COVID-19 se transmet d’une personne à une autre par les gouttelettes, comme le virus de l’influenza (grippe).

Le virus se transmet (ou se propage) surtout lorsqu’une personne se trouve à proximité d’une personne :

  • infectée ou
  • qui tousse ou éternue.

Transmission 

Le virus se transmet (ou se propage) surtout lorsqu’une personne se trouve à proximité d’une personne infectée qui tousse ou éternue.

Le virus peut aussi se transmettre lorsqu’une personne touche une surface ou un objet contaminé, puis se touche le visage (bouche, nez, yeux, etc.) avant de s’être lavé les mains. 

Symptômes de la COVID-19

Certaines personnes infectées par la COVID-19 ne ressentent que peu de symptômes, et parfois aucun symptôme du tout. Les symptômes de la COVID-19 peuvent être confondus avec les symptômes du rhume ou de la grippe.

Les symptômes peuvent prendre jusqu’à 14 jours pour apparaître après l’exposition au virus. Il s’agit de la plus longue période d’incubation connue pour cette maladie. Il est possible que les personnes atteintes de la COVID-19 soient contagieuses avant de ressentir des symptômes importants. Il semble cependant, d’après les données actuelles, que la propagation du virus soit attribuable en grande partie aux personnes qui ont des symptômes.

Si vous avez la COVID-19

Nous vous recommandons, pour éviter de transmettre la maladie à d’autres personnes, de vous auto-isoler pendant 14 jours ou jusqu’à qu’un professionnel de la santé ou de la santé publique vous permette de rompre l’isolement.

Symptômes

Informations sur les symptômes

Les symptômes de la COVID-19 peuvent apparaître 2 à 14 jours après l’exposition au virus.

Gravité de la COVID-19

Comme la grippe et d’autres maladies virales chez l’humain, la COVID-19 s’accompagne de symptômes de légers à très graves, et peut causer la mort.

Les personnes au système immunitaire affaibli, ayant des problèmes de santé préexistants ou âgées de plus de 65 ans courent un risque plus élevé de complications.

La plupart des personnes qui ont contracté la COVID-19 n’ont pas nécessité d’hospitalisation et ont guéri chez elles.

La gravité de la maladie chez les personnes qui ont reçu un diagnostic positif de COVID‑19 peut se subdiviser en trois catégories, décrites dans le tableau ci-dessous.

Maladie légère

Environ 80 % des personnes COVID-19 positives éprouvent des symptômes et peuvent rester à la maison. L’évolution de la maladie est suivie par une infirmière de la santé publique du centre de santé communautaire ou du Centre de lutte contre les maladies transmissibles du Yukon à Whitehorse.

Maladie grave

Environ 14 % des patients éprouvent des symptômes graves et nécessitent des soins actifs.

Selon la gravité de leurs symptômes et la capacité des services de soins de santé de leur collectivité, ils sont pris en charge par le centre de santé communautaire ou un hôpital du Yukon, ou ils sont transférés en Alberta ou en Colombie-Britannique.

 

Maladie critique

Environ 6 % des patients éprouvent des symptômes critiques et doivent être admis aux soins intensifs à Whitehorse ou transférés en Alberta ou en Colombie-Britannique.

Prévention et lutte contre l’infection

Il est recommandé aux directions des établissements de cohabitation de faire de la sensibilisation auprès du personnel, des bénévoles et des résidents sur les sujets suivants :

  • les signes et les symptômes de la COVID-19;
  • l’importance de se laver fréquemment les mains en employant une méthode adéquate et
  • d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène respiratoire lorsqu’on tousse ou éternue.

Cette sensibilisation peut prendre la forme :

  • d’affiches ou de panneaux dans les établissements incitant les résidents à se laver les mains, à adopter une bonne hygiène respiratoire et
  • à éviter de partager la vaisselle et les ustensiles sans les avoir préalablement lavés.

Matériel de sensibilisation 

Le matériel de sensibilisation doit répondre aux besoins du personnel et des résidents. Il doit en outre être adapté au niveau de littératie et à la langue d’usage des résidents.
Vous trouverez de l’information sur les signes et symptômes, l’hygiène des mains, l’hygiène respiratoire, la distance physique et le nettoyage ici.

Nettoyage des lieux de vie

Pour le nettoyage des aires communes, utilisez des produits qui nettoient et désinfectent en même temps (ex. détergents désinfectants ou lingettes désinfectantes du commerce).

Nettoyage et désinfection

Les produits nettoyants à base de savon et d’eau (détergents) enlèvent les microbes, la saleté et les impuretés des surfaces. Ils ne tuent pas nécessairement les microbes, mais ils en réduisent le nombre, ce qui abaisse les risques de propagation de l’infection.

Les produits désinfectants contiennent des substances chimiques qui tuent les microbes au contact sur les surfaces.

Date d’expiration et produits 

Vérifiez la date d’expiration des produits que vous utilisez, et suivez toujours les directives du fabricant, y compris le temps de contact (le temps pendant lequel la surface doit demeurer humectée par le produit avant d’être désinfectée).

L’Agence de la santé publique du Canada indique qu’une solution d’une part d’eau de Javel pour neuf parts d’eau (pour faire une solution à 0,5 % d’eau de Javel) est un désinfectant efficace contre le virus de la COVID-19. La solution doit être fraichement préparée. Le temps de contact est d’environ 10 minutes.

Utilisez seulement des désinfectants pour surfaces dures approuvés qui portent un numéro d’identification du médicament (DIN). Le DIN est un numéro de huit chiffres fourni par Santé Canada qui confirme que le produit désinfectant est approuvé et d’usage sécuritaire au Canada.

Que faut-il nettoyer?

Les surfaces fréquemment touchées avec les mains sont plus susceptibles d’être contaminées :

  • poignées de porte,
  • mains courantes,
  • boutons d’ascenseur,
  • interrupteurs,
  • poignées d’armoires,
  • manettes de robinet,
  • tables,
  • comptoirs et
  • appareils électroniques.
Protocoles et des procédures de nettoyage 

Évaluez ou préparez des protocoles et des procédures de nettoyage pour l’établissement. Cela vous aidera à relever les points à améliorer ou les endroits nécessitant un nettoyage supplémentaire.

Gants

Portez des gants lorsque vous nettoyez ou désinfectez le milieu. Les gants jetables sont le meilleur choix; si vous n’en avez pas, servez-vous de gants réutilisables qui seront réservés au nettoyage. Quel que soit le type de gant utilisé, les employés doivent se laver les mains avant et après le port des gants.

Nettoyage humide

Employez des méthodes de nettoyage humide, comme un linge propre et humecté ou une serpillère. Évitez l’époussetage et le balayage à sec, qui peuvent projeter dans l’air des gouttelettes contaminées.

Accessoires de nettoyage 

Jetez les accessoires de nettoyage jetables contaminés (tête de serpillère, linge) dans une poubelle doublée d’un sac que vous jetterez avec les ordures ménagères. Les accessoires de nettoyage réutilisables peuvent être lavés à l’eau chaude (60 à 90 °C) avec du détergent à lessive ordinaire.

Surfaces

En plus du nettoyage quotidien, récurez et désinfectez plus souvent les surfaces qui sont fréquemment touchées par les mains et toute surface sur laquelle de la saleté est visible. 

Aires communes

Les aires communes, comme les salles de bains, doivent être lavées plus souvent. Assurez-vous que les salles de bains sont bien approvisionnées en savon et en papier hygiénique. Avisez les résidents de fermer le couvercle de la toilette avant de tirer la chasse, si possible.

Matelas

Nettoyez et désinfectez les matelas après chaque utilisation.

Lessive

Manipulez le linge sale avec précaution. Le personnel qui manipule le linge sale doit porter des gants et une blouse de protection. Ne secouez pas le linge sale.

Si un client de votre établissement a été diagnostiqué COVID-19 positif ou s’il y a de bonnes raisons de croire qu’il pourrait être infecté : 

  • déposez son linge sale dans un sac en plastique individuel,
  • sans le secouer. 

Portez des gants et un masque médical lorsque vous manipulez du linge contaminé. Les vêtements et le linge de maison appartenant à un client COVID-19 positif ou à un client asymptomatique suspecté d’avoir la COVID-19 peuvent être lavés à l’eau chaude (60 à 90 °C) avec du détergent à lessive ordinaire. 

Le linge doit être bien séché à la machine. Lavez-vous les mains :

  • après avoir manipulé du linge contaminé et
  • après avoir retiré vos gants.
Après 
  • Nettoyez et désinfectez les boutons et le couvercle de la lessiveuse après chaque utilisation.
  • Lavez-vous les mains avec de l’eau et du savon ou un désinfectant à base d’alcool tout de suite après avoir terminé la lessive.
Déchets
  • Portez des gants jetables pour manipuler des déchets.
  • Les déchets d’une personne symptomatique (ex. papiers mouchoirs, masques) et les accessoires de décontamination de ses espaces (ex. gants jetables, linges, têtes de serpillère) doivent être déposés dans un sac en plastique. Une fois rempli, ce sac doit être fermé et déposé dans un autre sac.
  • Les déchets doivent être gardés en lieu sûr jusqu’à leur collecte.

Santé et bien-être

Distance physique

Idéalement, l’espacement de deux mètres devrait être observé dans les chambres à coucher ou les dortoirs entre les personnes qui ne sont pas proches parentes (comme une mère et son enfant). Cette règle s’applique aux aires habituellement réservées au couchage aussi bien qu’aux aires de couchage temporaires ou d’appoint.

Les maisons d’hébergement incapables de respecter la règle des deux mètres de distance doivent contacter le Service d’hygiène du milieu, au 867-667-8391, pour obtenir de l’aide dans la gestion des aires de couchage.

Toutes les autres activités dans une maison d’hébergement doivent respecter la règle de distance physique de deux mètres, à moins que les personnes soient proches parentes (comme une mère et son enfant).

Le personnel doit donner l’exemple en pratiquant l’éloignement physique et il doit, au besoin, rappeler aux clients et aux usagers les précautions à prendre (ex. maintenir une distance de deux mètres, ne pas se donner la main).

Rester à la maison si vous ëtes malades

Le personnel et les bénévoles doivent rester à la maison s’ils sont malades, même si leurs symptômes sont légers. Ils doivent attendre d’être complètement rétablis et d’être capables de reprendre leurs activités quotidiennes avant de retourner au travail.

Tombent malades au travail 

Le personnel et les bénévoles qui tombent malades au travail doivent s’auto-isoler dans un local jusqu’à ce qu’ils puissent quitter les lieux.

Employés et des bénévoles ayant une maladie chronique 

Il faut éviter d’affecter des employés et des bénévoles ayant une maladie chronique aux soins des résidents malades de la maison d’hébergement.

Surveillance et signalement des résidents et des utilisateurs des services

Il est important que les établissements de cohabitation élaborent des plans de surveillance des symptômes de la COVID-19 chez les résidents et les utilisateurs des services.

Par exemple, tous les résidents devraient remplir un questionnaire de dépistage des symptômes de la COVID-19.

Si un résident présente des symptômes de la COVID-19

 

Si un résident présente des symptômes de la COVID-19, si possible, attribuez des chambres individuelles aux résidents et aux utilisateurs des services :

  • qui présentent des symptômes respiratoires légers correspondant à ceux de la COVID-19,
  • qui sont en attente des résultats de tests de dépistage de la COVID-19 ou
  • qui ont reçu un diagnostic de COVID-19.

Dans le cas des dortoirs

  • les lits devraient être distants d’au moins deux mètres, si possible.
  • obtenir la distance suffisante entre les personnes en disposant les lits tête-bêche.
  • envisager l’usage de barrières temporaires dans les grands dortoirs pour isoler les utilisateurs malades (ex. rideaux tendus entre les lits).

Salle de bains 

Si possible, désignez une salle de bains séparée pour les résidents et les utilisateurs des services qui ont des symptômes correspondant à ceux de la COVID-19.

Adopter une bonne hygiène respiratoire et une bonne hygiène des mains

Les résidents et les utilisateurs des services sont encouragés à continuer d’adopter une bonne hygiène respiratoire et une bonne hygiène des mains. S’il est impossible de respecter l’hygiène respiratoire, le port de masques chirurgicaux, s’il y en a, est recommandé pour réduire le risque de transmission du virus dans l’établissement.

Soutien

Le personnel de soutien peut s’adresser au personnel médical affecté à l’établissement ou au Centre de lutte contre les maladies transmissibles du Yukon (667-8323) pour obtenir de l’aide et des conseils.

Le nombre d’employés affectés au soin des résidents ou des utilisateurs des services malades doit être réduit au minimum. Il est recommandé aux établissements de prendre des mesures pour fournir aux résidents et aux utilisateurs des services malades la boisson, la nourriture, les papiers-mouchoirs et un contenant à déchets.

Supplies

Il est recommandé aux établissements de disposer de réserves suffisantes

  • de nourriture,
  • de boisson,
  • de papiers-mouchoirs,
  • de détergent pour les mains,
  • de linge domestique,
  • d’accessoires de nettoyage et
  • d’équipement de protection individuelle (ÉPI) en prévision d’une éclosion de COVID-19.

Employés et bénévoles 

Le personnel et les bénévoles doivent tout mettre en œuvre pour entretenir une distance physique comme il est expliqué dans ce document.

  • Le personnel et les bénévoles doivent tout mettre en œuvre pour suivre les recommandations de prévention et de lutte de contre l’infection décrites dans le présent document.
  • Le port d’un ÉPI, d’un masque, de gants, d’une blouse et de lunettes de protection n’est pas recommandé pour les activités quotidiennes dans une maison d’hébergement.
  • Un masque ordinaire peut être fourni aux clients qui présentent des symptômes respiratoires. Veuillez consulter la section symptômes de la COVID-19.
  • Utilisez seulement un désinfectant pour les mains approuvé par Santé Canada.
  • N’utilisez pas un désinfectant pour les mains de fabrication artisanale.

Les personnes qui fournissent directement des soins aux clients présentant des symptômes correspondant à ceux de la COVID-19 peuvent s’adresser au Centre de lutte contre les maladies transmissibles du Yukon (667-8323) pour des conseils sur la nécessité et le port d’un ÉPI dans un contexte de cohabitation.

Fermeture des maisons d’hébergement

L’Agence de la santé publique du Canada et le médecin hygiéniste en chef du Yukon ne recommandent pas la fermeture systématique de tous les établissements comme les maisons d’hébergement en raison de la COVID-19, car une telle mesure exercerait une pression indue sur les populations qui utilisent ces services.

Il appartient au médecin hygiéniste en chef du Yukon et aux fournisseurs de services, après un examen de la situation et de la capacité des établissements à maintenir les niveaux de service, de prendre la décision de fermer des établissements comme les maisons d’hébergement dans des circonstances exceptionnelles.

Ressources