Lors du Forum du Yukon, le gouvernement du Yukon a communiqué aux chefs des Premières Nations du Yukon son intention de suspendre l’établissement de l’office de la santé et d’abroger la loi le concernant à l’automne 2026.
Les chefs présents au Forum ont exprimé leur déception à cette annonce. Le gouvernement se dit satisfait du travail accompli ces dernières années avec les Premières Nations du Yukon et reconnaît les nombreux problèmes dans le système de santé actuel. Il convient de l’importance de se pencher sur les priorités communes dans la réforme du système pour le rendre respectueux des cultures, orienté vers la personne et axé sur l’amélioration de la santé et du bien-être de la population. Le gouvernement estime toutefois que ces objectifs peuvent être atteints sans changer le modèle de gouvernance.
Le gouvernement propose donc de poursuivre la collaboration dans le cadre du Comité consultatif sur la réforme du système de santé. Il s’engage au cours des prochains mois à travailler en partenariat avec les gouvernements des Premières Nations, avec le concours des syndicats, de la Régie des hôpitaux du Yukon et de la profession médicale, afin d’établir une feuille de route pour améliorer la sécurité culturelle, l’intégration du système et l’accès aux soins primaires, aujourd’hui comme demain.
Le nouveau gouvernement doit également composer avec la situation financière difficile dont il a hérité. Les coûts prévus du transfert du régime de retraite des fonctionnaires conjugués aux inquiétudes soulevées par le personnel de la santé l’ont conduit à prendre cette décision au sujet de l’office de la santé.
Reconnaissant l’importance du rôle des Premières Nations dans l’établissement d’un système de santé amélioré, ainsi que ses obligations en tant que partenaire signataire de traités, le gouvernement du Yukon tient à poursuivre cette relation, guidé par le travail des leaders de l’ensemble du système.
Le premier ministre Currie Dixon et le ministre Brad Cathers ont souligné les progrès réalisés par les Premières Nations du Yukon, le Conseil des Premières Nations du Yukon, la Régie des hôpitaux du Yukon et les responsables gouvernementaux vers l’atteinte des objectifs communs et ont réitéré la volonté du gouvernement de poursuivre cette collaboration en santé dans l’intérêt de la population.
Nous comprenons que l’approche proposée puisse décevoir les chefs des Premières Nations du Yukon. Nous restons néanmoins déterminés à créer un système de santé inclusif et culturellement sûr pour l’ensemble de la population, en concertation avec les Premières Nations du Yukon, le Conseil des Premières Nations du Yukon, la Régie des hôpitaux du Yukon et le personnel de la santé. Toutefois, nous ne pouvons pas nous permettre de réaffecter des dizaines de millions de dollars prévus pour l’amélioration des soins de première ligne pour combler le passif de solvabilité du régime de retraite.
Pour remédier aux grandes difficultés auxquelles fait face le système de santé du Yukon, nous devons privilégier l’amélioration des soins de première ligne et de l’accès aux soins dans toutes les collectivités. Nous avons l’occasion de poursuivre notre collaboration pour que le système réponde mieux aux besoins des Yukonnaises et des Yukonnais dans l’immédiat et de façon durable. Nous prévoyons concentrer nos efforts sur l’intégration des services, le soutien au personnel de la santé et la sécurité culturelle en partenariat avec les Premières Nations du Yukon.
- Le projet de loi 38, la Loi sur l’office de la santé, a été adopté lors de la séance du printemps 2024 de l’Assemblée législative du Yukon.
- Le conseil d’administration de Shäw Kwä’ą / Health and Wellness Yukon / Santé et mieux-être Yukon a été institué en août 2025.
- Selon le scénario le plus probable, le transfert des pensions des fonctionnaires depuis le régime de retraite public vers un régime administré par un office de la santé entraînerait un important passif de solvabilité additionnel.
- On estime, selon ce scénario, qu’il en coûterait plus de 70 millions de dollars pour renflouer ce passif.
Tim Kucharuk
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